lundi 2 janvier 2012
Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?
Point de vue | LEMONDE | 02.01.12 par Michel Rocard, ancien premier ministre, et Pierre Larrouturou, économiste
La Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.
La Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.REUTERS/BRENDAN MCDERMID
Ce sont des chiffres incroyables. On savait déjà que, fin 2008, George Bush et Henry Paulson avaient mis sur la table 700 milliards de dollars (540 milliards d'euros) pour sauver les banques américaines. Une somme colossale. Mais un juge américain a récemment donné raison aux journalistes de Bloomberg qui demandaient à leur banque centrale d'être transparente sur l'aide qu'elle avait apportée elle-même au système bancaire.
Après avoir épluché 20 000 pages de documents divers, Bloomberg montre que la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.
Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d'austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n'acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d'intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d'intérêt, les gouvernements sont "obligés" de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.
Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? "Etre gouverné par l'argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé", affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l'écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l'espérance (Fayard, 2011), nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ?
Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour ouvrir les yeux ? Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour comprendre la gravité de la crise et choisir ensemble la métamorphose, avant que nos sociétés ne se disloquent ? Nous n'avons pas la possibilité ici de développer les dix ou quinze réformes concrètes qui rendraient possible cette métamorphose. Nous voulons seulement montrer qu'il est possible de donner tort à Paul Krugman quand il explique que l'Europe s'enferme dans une "spirale de la mort". Comment donner de l'oxygène à nos finances publiques ? Comment agir sans modifier les traités, ce qui demandera des mois de travail et deviendra impossible si l'Europe est de plus en plus détestée par les peuples ?
Angela Merkel a raison de dire que rien ne doit encourager les gouvernements à continuer la fuite en avant. Mais l'essentiel des sommes que nos Etats empruntent sur les marchés financiers concerne des dettes anciennes. En 2012, la France doit emprunter quelque 400 milliards : 100 milliards qui correspondent au déficit du budget (qui serait quasi nul si on annulait les baisses d'impôts octroyées depuis dix ans) et 300 milliards qui correspondent à de vieilles dettes, qui arrivent à échéance et que nous sommes incapables de rembourser si nous ne nous sommes pas réendettés pour les mêmes montants quelques heures avant de les rembourser.
Faire payer des taux d'intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées : sous prétexte qu'il y a un risque, elles prêtent à des taux très élevés, tout en sachant qu'il n'y a sans doute aucun risque réel, puisque le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est là pour garantir la solvabilité des Etats emprunteurs...
Il faut en finir avec le deux poids, deux mesures : en nous inspirant de ce qu'a fait la banque centrale américaine pour sauver le système financier, nous proposons que la "vieille dette" de nos Etats puisse être refinancée à des taux proches de 0 %.
Il n'est pas besoin de modifier les traités européens pour mettre en oeuvre cette idée : certes, la Banque centrale européenne (BCE) n'est pas autorisée à prêter aux Etats membres, mais elle peut prêter sans limite aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des banques centrales) et aux organisations internationales (article 23 du même statut). Elle peut donc prêter à 0,01 % à la Banque européenne d'investissement (BEI) ou à la Caisse des dépôts, qui, elles, peuvent prêter à 0,02 % aux Etats qui s'endettent pour rembourser leurs vieilles dettes.
Rien n'empêche de mettre en place de tels financements dès janvier ! On ne le dit pas assez : le budget de l'Italie présente un excédent primaire. Il serait donc à l'équilibre si l'Italie ne devait pas payer des frais financiers de plus en plus élevés. Faut-il laisser l'Italie sombrer dans la récession et la crise politique, ou faut-il accepter de mettre fin aux rentes des banques privées ? La réponse devrait être évidente pour qui agit en faveur du bien commun.
Le rôle que les traités donnent à la BCE est de veiller à la stabilité des prix. Comment peut-elle rester sans réagir quand certains pays voient le prix de leurs bons du Trésor doubler ou tripler en quelques mois ? La BCE doit aussi veiller à la stabilité de nos économies. Comment peut-elle rester sans agir quand le prix de la dette menace de nous faire tomber dans une récession "plus grave que celle de 1930", d'après le gouverneur de la Banque d'Angleterre ?
Si l'on s'en tient aux traités, rien n'interdit à la BCE d'agir avec force pour faire baisser le prix de la dette. Non seulement rien ne lui interdit d'agir, mais tout l'incite à le faire. Si la BCE est fidèle aux traités, elle doit tout faire pour que diminue le prix de la dette publique. De l'avis général, c'est l'inflation la plus inquiétante !
En 1989, après la chute du Mur, il a suffi d'un mois à Helmut Kohl, François Mitterrand et aux autres chefs d'Etat européens pour décider de créer la monnaie unique. Après quatre ans de crise, qu'attendent encore nos dirigeants pour donner de l'oxygène à nos finances publiques ? Le mécanisme que nous proposons pourrait s'appliquer immédiatement, aussi bien pour diminuer le coût de la dette ancienne que pour financer des investissements fondamentaux pour notre avenir, comme un plan européen d'économie d'énergie.
Ceux qui demandent la négociation d'un nouveau traité européen ont raison : avec les pays qui le veulent, il faut construire une Europe politique, capable d'agir sur la mondialisation ; une Europe vraiment démocratique comme le proposaient déjà Wolfgang Schäuble et Karl Lamers en 1994 ou Joschka Fischer en 2000. Il faut un traité de convergence sociale et une vraie gouvernance économique.
Tout cela est indispensable. Mais aucun nouveau traité ne pourra être adopté si notre continent s'enfonce dans une "spirale de la mort" et que les citoyens en viennent à détester tout ce qui vient de Bruxelles. L'urgence est d'envoyer aux peuples un signal très clair : l'Europe n'est pas aux mains des lobbies financiers. Elle est au service des citoyens.
Michel Rocard est aussi le président du conseil d'orientation scientifique de Terra Nova depuis 2008.
Quand je pense que des hommes comme Rocard ou Jospin ont été moins soutenus que la plupart de ceux qui nous gouvernent actuellement, je ressens de la de honte, du désespoir et beaucoup de désillusion sur l'avenir de notre "peuple". Si on a vraiment les hommes politiques que l'on mérite alors les Français devraient se remettre en question. Petite remarque personnelle qui ne fait pas partie de l'article du Monde !
mercredi 2 juin 2010
Au secours, la bateau coule et c'est le capitaine qui perce la coque !
Académies Ministère de l’éducation nationale 5 mai 2010Les leviers académiques identifiés -
Augmentation de la taille des classes:
• relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classe
• regroupement des structures
• Réduction du besoin de remplacement:
• réduction du besoin de remplacement
• ouverture du vivier de remplacement
• Baisse de la scolarisation à 2 ans
• Sédentarisation des enseignants « hors la classe »:
• enseignement spécialisé – RASED
• coordination/ animation pédagogique
• Augmentation du nombre d’élève par classe :
• relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classe
• Evolution du réseau des établissements
• Réduction du volume des décharges non statutaires
• définir le volume et la nature des activités confortant l’enseignement
• reconnaitre l’investissement dans ces activités uniquement en HS
• Optimisation du remplacement:
• réduction des pertes de potentiel
• amélioration du rendement des TZR
Voilà ,noir sur blanc, les projets futurs pour l'éducation. Tout ce que je viens d'écrire est en fait un copier-coller d'un rapport officiel du ministère de l"Education" pour la politique scolaire de 2011 à 2013.
Que faire ? Ramer jusqu'à la fin, calfeutrer à la main l'ouverture béante, chanter jusqu'au bout, abandonner le navire, assommer le capitaine, virer l'armateur, ...N'est-il pas déjà trop tard ?
mercredi 24 février 2010
Lecture du mois
Après une longue liste de polar, je suis passé à autre chose (merci Sam) :
- LE CYGNE NOIR : La puissance de l'imprévisible
Quel est le point commun entre l’invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ? Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle. Dans cet ouvrage éclairant, plein d’esprit et d’impertinence, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos des « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l’incertitude. A découvrir.
Libano-américain, Nassim Nicholas Taleb est écrivain et philosophe des sciences du hasard. Depuis 2007, il est l’essayiste le plus lu et le plus traduit dans le monde. Ancien trader des marchés, Taleb se consacre aujourd’hui à l’écriture et enseigne les rapports entre l’épistémologie et les sciences de l’incertitude à l’Institut polytechnique de la New York University où il a reçu le titre prestigieux de distinguished professor. Best-seller traduit en vingt-cinq langues, son premier ouvrage, Le Hasard sauvage a paru aux Belles Lettres en 2005.
« Taleb a changé notre façon de penser l’incertitude. » Daniel Kahneman, prix Nobel.
De lui, on dit qu’il est le « penseur de l’incertitude ». C’est son dernier livre, « The Black Swan », autrement dit « le cygne noir », qui peut servir de clé de lecture à certains des événements spectaculaires qu’a connus la planète au cours des dernières années. Qu’est-ce qu’un « cygne noir » ? C’est, affirme Taleb, « tout ce qui nous paraît impossible si nous en croyons notre expérience limitée ». L’expression a du sens. Dans l’hémisphère nord, tous les cygnes sont blancs. A force de les observer, on pourrait conclure qu’il n’en existe pas d’une autre couleur. Et puis, un jour, on prend l’avion pour l’Australie et on découvre, interloqué, que, là-bas, les cygnes sont tous noirs…
Pour mieux préciser les choses, Nassim Nicholas Taleb estime que le « black swan » est un événement qui possède trois caractéristiques. En premier lieu, il s’agit « d’une observation aberrante », car rien, dans le passé, n’a laissé prévoir de façon convaincante et étayé sa possibilité. Qu’un trader lambda puisse faire perdre 5 milliards de dollars à la Société Générale n’a ainsi jamais fait partie des hypothèses plausibles au sein de cette banque qui a longtemps été perçue comme efficace en matière de contrôles internes.
En second lieu, cet événement inattendu a des considérations considérables. « Considérez le grain de poivre et mesurez la force de l’éternuement », dit un proverbe persan. Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Jérôme Kerviel, par ses agissements supposés, a mis en branle une mécanique dont on ignore encore toutes les conséquences. Certes, la Société Générale semble décidée à se battre pour continuer à rester indépendante mais personne ne peut affirmer aujourd’hui qu’elle ne sera pas rachetée par l’une de ses concurrentes. Pire, qui peut exclure que d’autres fraudes ne seront pas découvertes dans les prochaines semaines et, de toutes les façons, qui peut affirmer à cent pour cent que la « Soc Gen » se relèvera de ce scandale ?
La troisième et dernière caractéristique est liée à la nature humaine et à notre besoin permanent de rationaliser et de donner de la cohérence au monde et aux événements qui nous entourent. Pour le philosophe, le « cygne noir » est aussi un événement vis-à-vis duquel nous « élaborons toujours après coup des explications qui le font paraître plus prévisible et moins aléatoire » qu’il n’était vraiment. En clair, c’est un événement dont nous cherchons coûte que coûte à gommer le caractère inattendu ou improbable.
Au lieu d’élaborer une pensée « probabiliste complexe », nous continuons à voir le monde à l’aune de la courbe de Gauss, c’est-à-dire, quelques rares extrêmes de part et d’autre et une cloche où se concentre la plus grosse moyenne. Or, justement, les « cygnes noirs » sont autant d’événements pour lesquels la courbe de Gauss n’est pas valable. L’occurrence de tremblements de terre, de tsunamis ou de crises financières ne peut se décrire qu’avec des modèles mathématiques plus compliqués que la courbe de Gauss.
En partant de ces constatations, Taleb propose un prolongement intéressant du concept de « cygne noir ». Pour lui, nous ignorons le monde tel qu’il est parce que nous pensons que, grosso modo, nous partageons tous le même quotidien. Or, la réalité, c’est que notre monde est de plus en plus régi par des éléments qui échappent à la courbe de Gauss et que le philosophe qualifie « d’Extremistan » ce qui, en employant une expression triviale, pourrait se résumer par « un monde de toujours plus et d’encore plus ».
La conclusion est plutôt positive : soyons ouverts au « différent » à l’improbable, à l’inconnu, à la surprise (donc au démenti et à la critique) et tirons profit des cygnes noirs. Cette conclusion optimiste me paraît typiquement américaine et illustre un des ressorts du dynamisme de ce pays ; la même expérience personnelle, professionnelle et de recherche en France aurait pu mener à un livre pessimiste et grinçant. D’ailleurs, Taleb aurait-il pu être universitaire chez nous et faire les recherches approfondies qui font la solidité de ce livre à la bibliographie impressionnante ?
(d’aprés les critiques de CLioweb et de http://www.bakchich.info/article2665.html)
- ALEXANDRE LE GRAND
Une des nombreuses biographie consacrées à ce personnage fascinant, facile à lire et intéressant bien que classique.
Présentation de l'éditeur
Quoique le concernant bien des mystères demeurent - son tombeau n'a jamais été retrouvé, ses écrits ont été perdus -, Alexandre III de Macédoine dit le Grand (356 - 323 av. J.-C.) reste un des plus fascinants héros de tous les temps. Roi de Macédoine à vingt ans, qui se lancera deux ans plus tard à la conquête d'un empire allant de la Grèce jusqu'à l'Inde, guerrier, certes, mais aussi administrateur et visionnaire, Alexandre le Grand était un homme au caractère contrasté qui, en élève du philosophe Aristote, pouvait se montrer d'une extrême clémence envers les vaincus, commue donner libre cours à sa colère et à sa cruauté. Rêvant d'une fusion entre l'Occident et l'Orient, d'un métissage entre les peuples, d'un brassage des cultures, des arts et des religions, on peut se demander quelle aurait été sa destinée s'il n'était mort. à trente-trois ans. à Babylone, vaincu par la malaria.
Biographie de l'auteur
Historien, romancier et critique littéraire, Joël Schmidt a publié une quarantaine d'ouvrages dont plusieurs consacrés au monde antique, entre autres : Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine (Larousse, dernière édition : 2005), Vie et mort des esclaves dans la Rome antique (Albin Michel, ouvrage couronné par l'Académie française, dernière édition : 2003), Lutèce, Paris des origines à Clovis (Perrin, prix Gazes-Brasserie Lipp, ouvrage couronné par l'Académie française, 1987), Spartacus et la révolte des gladiateurs (Mercure de France, 1988), Sainte Geneviève et la fin de la Gaule romaine (Perrin, 1989), Le Royaume wisigoth de Toulouse (Perrin, dernière édition, coll. Tempus, 2008), Les Gaulois contre les Romains, la guerre de 1000 ans (Perrin, 2004) et, dans la collection Folio Biographies, chez Gallimard, Jules César (2005), Cléopâtre (2008). Joël Schmidt est membre du comité de lecture d'une importante maison d'édition parisienne et d'une douzaine de jurys de prix littéraires. Il a reçu, en 2004, la médaille de vermeil de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.
dimanche 26 avril 2009
Article acide trouvé sur un site de jeu et qui me semble pourtant bien viser certaines réalités :
Et voilà que l'impensable a eu lieu : le texte a été rejeté ! Par un vote de 21 voix socialistes contre 15 favorables de l'UMP. Même si l'on ne peut qu'approuver la défaite, temporaire, mais quand même, d'un texte aux multiples hérésies juridiques, on peut légitimement se poser la question de savoir comment on a pu en arriver là.
Aujourd'hui donc, sur le banc des accusés : Laëtita Casta. Ah non ! Pardon, c'est Marianne en fait. Elle est pas belle, la France ?
Lieu du crime: l'assemblée nationale
Date du crime: le 9 avril
Victime(s): 302 députés UMP disparus
Complice(s): 21 ninjas socialistes
Mesdames et Messieurs les soi-disant jurés
Chères canes, chers canards,
Chère Marianne, et je pèse mes impôts,
Vous êtes allée trop loin. Beaucoup trop loin. Pourtant, je fais tout pour vous aimer. J'apprécie vos prairies duveteuses et vos monts dont même les phoques sur leur banquise rêvent de titiller le sommet et je ferme les yeux sur votre caractère difficile qui vous pousse à grogner souvent, pour un oui ou pour un non. Mais là, c'est trop !
Je sais que les étangs sont difficiles, comme disent les requins de la finance, mais quand même, on ne peut pas tout tolérer. D'accord, rien ne vous a été épargné. L'entourage d'un criminel peut expliquer le passage à l'acte, et ces dernières années, nul ne peut nier que vous avez mal choisi vos relations. Après vous être laisser séduire par un bouquet de roses, vous avez craqué pour le premier venu qui vous offrait des pommes. Déjà, c'était pas reluisant. Mais aujourd'hui, c'est le pompon. Vous vous êtes laissés éblouir par cet amant indélicat, comme une midinette impressionnée par les rolex et les yachts, alors, faut pas se plaindre après de se réveiller un beau matin avec la cocarde au beurre noir. Il vous bouscule, ce malandrin, il vous fait mal, vous qui aviez une constitution si forte, la voilà abîmée.
Et pourtant, force est de constater que le mobile du crime est si bête ! Ce roturier bling bling a voulu changer toute la décoration de votre intérieur, voilà tout. Bon ! Pourquoi pas après tout ? Changer de style, ça peut être bien. Certains disaient même qu'il était temps, et sur le principe, vous n'y voyiez pas d'inconvénient. Il vous montrait ses projets d'impulsif notoire, et ma foi, si tout ne vous plaisait pas, l'important était que les gens s'y retrouvent. Mais voilà, ! Ce coquin ne s'est pas maîtrisé, et il a commencé à taper dans les fondations. Voir les bulldozers retourner vos articles de lois, certains séculaires, en tous sens, ça ne peut que pousser à la révolte, j'en conviens.
Alors, à l'annonce d'un de ses projets consistant à inviter, chez vous, en permanence, son pote HADOPI, ça vous a fait une double peine. Vous avez décidé de lutter, ce que personne ne peut vous reprocher. Mais quand même, de là à fomenter un coup pareil ! Mais revenons sur le crime en lui-même.
Le 9 avril, le projet de votre coco, pas muniste pour deux sous, paraissait acquis. Le texte, voté en commission mixte paritaire, n'avait plus besoin que de l'aval des parlementaires, ça ne pouvait poser aucun problème. Les députés UMP, persuadés de la chose, ne se sont guère mobilisés, il faut bien reconnaître qu'il faisait beau ce jour là et qu'il y avait des pâtes au pistou à la cantine. Mais vous, vous avez organisé un véritable coup d'éclat. Vous avez caché une vingtaine de députés socialistes derrière des rideaux ! Il est 13H00, une poignée de députés UMP arrive, ils voient qu'il n'y a presque aucun socialiste, l'affaire est réglée, pas besoin d'aller chercher les copains. Le texte est mis au vote quand surgit des couloirs la douzaine de députés socialistes ninjas qui arrivent pour voter. Les UMP paniquent ; mais il est trop tard pour rameuter d'autres députés UMP. Une fois la mécanique enclenchée, plus moyen d'interrompre la séance, les retardataires ne peuvent que rester dehors.
Voilà comment on peut obtenir un vote avec seulement 36 députés sur...577 ! Sachant que l'article 68 du règlement intérieur de l'Assemblée Nationale prévoit qu'une majorité simple suffit pour valider le vote, c'est à dire que le vote peut être valable, quel que soit le (faible) nombre de votants, c'est la victoire.
Bien sur, il y a des garde-fous contre ces manœuvres, mais vous aviez tout prévu, Marianne. Certaines personnalités (secrétaire d'état chargé des relations avec le Parlement et chefs des groupes parlementaires) peuvent demander de faire une pause ou de faire repousser le vote ou appeler au rassemblement mais ils n'étaient pas là, trop occupés à saucer le pistou.
Alors Marianne, je comprends l'utilité de votre stratégie, qui vous permet de tenir à l'écart le pote HADOPI. Mais d'une part c'est une victoire temporaire, vous savez que votre coco, pas lectif pour deux sous, n'acceptera pas d'en rester là. Et puis, quelle tristesse quand même. En êtes-vous vraiment réduit à ces extrémités ? Sommes-nous obligés de faire appel à de telles stratégies pour mettre à bas un texte honteux d'un point de vue juridique ? Les arguments solidement étayés, les discussions éclairées et les réflexions dépassionnées sont-elles des choses du passé ?
Laisse-moi vous dire, Marianne, que vous ne sortez pas grandie de cette affaire. Pardon ? ça vous arrange car il est petit et que vous ne voudriez pas lui faire de l'ombre ? Ah ! la la, vous êtes perdue Marianne, l'amour vous aveugle mais c'est sans doute tant mieux pour vous, car tout ceci n'est pas beau à voir.
J'ai longtemps cherché la peine la plus sévère à requérir à votre encontre, mais voilà, je n'en ai rien trouvé de pire que de vous laisser entre ses mains à gourmettes et bagouses en or massif. Mais bon, que je ne vous y reprenne plus.
lundi 22 décembre 2008
Evaluer les enseignants comme aux USA , témoignage d'une intéressée :
Je suis professeur d'universite aux Etats-Unis ou nos carrières dépendent littéralement des évaluations des étudiants. Ce que je constate est que ce sytème d'évaluation n'a rien de rationnel ni de positif. En règle generale, la corrélation entre le pourcentage d'étudiants qui échouent et le pourcentage d'évaluations negatives est impossible à ignorer. Ce qui nous place dans une dynamique clientéliste fort éloignée de ce que devrait être l'enseignement.
Pour les jeunes professeurs, intimidés par ce système et menacés par la perspective de résultats négatifs, il est tentant de céder a la loi du plus fort : dans ce cas, la loi d'étudiants dont l'engagement académique est de plus en plus orienté vers l'obtention d'un bout de papier qui leur permettra de négocier des salaires de départ plus eleves que le Smic !
D'autre part, cette dynamique nous oblige aussi a réinventer sans cesse un curriculum (d'un semestre a l'autre puisque nous sommes tous soumis à ces obligations de résultats) qui attire de nombreux étudiants ($$$ oblige !) et, par cela, à ignorer le canon (trop demandant), ce qui en retour promeut la médiocrité. Le corps professoral a l'obligation de se réinventer au-delà de ses propres limites de compétence, dans des délais impossibles, et les intérêts des étudiants sont majoritairement centrés sur une culture populaire de plus en plus réductioniste. Ajoutez à cela les contraintes de temps auxquelles tout enseignant est confronté, et les devoirs administratifs de plus en plus lourds, et vous avez un corps professoral digne de l'empire romain, dans lequel les instructeurs étaient esclaves. L'idée d'une évaluation vient directement du monde des affaires et du systeme capitaliste dans lequel nous vivons : concepts de "return on investment", "benchmarks", "productivité", etc... Malheureusement, quand il s'agit d'êtres humains et de formation a la pensée, ces critères économiques n'ont aucune validité. Ils sont aussi extrêmement dangereux, parce qu'alors les êtres humains sont assimilés a des ressources de production, mais au service de quelle entreprise ?
Pour finir, je veux préciser ici que je suis Francaise, que j'ai fait toute ma scolarité en France jusqu'au DEUG et que si j'ai constaté des defaillances dans l'organisation, la direction de l'enseignement et les supports matériels et psychologiques offerts aux etudiants de première année universitaire, ces défaillances ne venaient pas des professeurs qui étaient tout autant victimes d'un systeme archaïque et obsolète que nous, étudiants.
On ne devient pas enseignant par souci de rentabilité mais par passion de l'étude, et les grands progrès de l'humanité n'ont pas ete amenés par des gens soucieux de résultats économiques mais par des "mentats" qui ont eu le courage de chercher, génération apres génération, la vérite et le progrès ! Quand aux instituteurs que ma génération a eu le privilège de connaître, je ne peux que leur exprimer ici ma plus profonde reconnaissance pour une qualité d'enseignement qui a fait de nous des êtres ouverts au monde et au désir de connaissance. Leur performance se situe au-dela de toute évaluation !
jeudi 13 novembre 2008
Lettre d'un enseignant qui explique mieux que je ne le ferais nos préoccupations actuelles !
"Je refuse d'obéir !" (Lettre d'un instituteur à son inspecteur)
Colomiers, le 6 novembre 2008
Monsieur l'Inspecteur,
Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir.
Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un processus négatif de déconstruction de l'Education Nationale s'est engagé qui désespère de plus en plus d'enseignants. Dans la plus grande précipitation, sans aucune concertation digne de ce nom, au mépris de l'opinion des enseignants qui sont pourtant les « experts » du quotidien sur le terrain, les annonces médiatiques de « réformes » de l'école se succèdent, suscitant tantôt de l'inquiétude, tantôt de la colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de découragement. La méthode est détestable. Elle témoigne de beaucoup de mépris et d'arrogance vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La qualité d'une réforme se juge autant par son contenu que par la façon dont est elle est préparée, expliquée et mise en oeuvre. L'Education Nationale n'est pas l'armée ! Il n'y a pas d'un côté ceux qui décident et d'un autre côté ceux qui exécutent ! L'honneur de notre métier est aussi de faire œuvre de raison, de critique et de jugement.
Aujourd'hui, la coupe est pleine ! Le démantèlement pensé et organisé de l'Education Nationale n'est plus à démontrer tant les mesures décidées et imposées par ce gouvernement l'attestent au grand jour : des milliers de suppressions de postes qui aggravent une situation d'enseignement déjà difficile, la diminution du volume horaire hebdomadaire, la préférence accordée à la semaine de 4 jours, pourtant dénoncée par tous les chronobiologistes, l'alourdissement des programmes scolaires malgré une rhétorique qui prétend le contraire, la suppression des IUFM, la disparition annoncée des RASED alors qu'aucun bilan de leur action n'a été réalisé, la réaffectation dans les classes des enseignants travaillant pour les associations complémentaires de l'école, ce qui mettra à bas grand nombre de projets éducatifs dont l'utilité n'est plus à démontrer, la mise en place d'une agence chargée du remplacement avec l'utilisation de vacataires, la création des EPEP où les parents et les enseignants seront minoritaires dans le Conseil d'Administration, la dévalorisation du métier d'enseignant dans les écoles maternelles et les menaces qui pèsent sur celles-ci, la liste est longue des renoncements, des coupes franches et finalement des mauvais coups portés à notre système éducatif. Sans compter, ce qui m'est le plus insupportable, l'insistance à dénoncer le soit disant « pédagogisme », c'est-à-dire les mouvements pédagogiques qui, depuis des décennies, apportent des réponses innovantes, crédibles, raisonnables à l'échec scolaire.
Le démantèlement des fondements de l'Education Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir. L'objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement. En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou mon silence complice à la déconstruction d'un système, certes imparfait, mais qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre tout autant un « art de faire » qu'un « art de vivre », en donnant toutes ses chances à chaque élève, sans aucune distinction.
1. Les « nouveaux » programmes constituent une régression sans précédent. Ils tournent le dos à la pédagogie du projet qui permet aux élèves de s'impliquer dans les savoirs, de donner du sens à ce qu'ils font, de trouver des sources de motivation dans leur travail. Cette vision mécaniste et rétrograde des enseignements, qui privilégie l'apprentissage et la mémorisation, va certainement enfoncer les élèves en difficulté et accentuer l'échec scolaire. Ces programmes sont conçus pour pouvoir fournir des résultats « quantifiables, publiables et comparables » Or, « en éducation, tout n'est pas quantifiable, ni même évaluable en termes d'acquisitions immédiatement repérables ». (Philippe Meirieu). Nous sommes bien dans une logique d'entreprise et de libéralisation de l'école. Désormais, les enseignants seront évalués sur les progrès des acquis des élèves, c'est-à-dire sur la progression des résultats chiffrés. C'est notre liberté pédagogique qui est ainsi menacée. Dans la mesure où les programmes de 2002 n'ont fait l'objet d'aucune évaluation sérieuse et que d'autre part nous ne savons toujours pas qui a élaboré et rédigé les programmes 2008, d'ailleurs sans aucune concertation digne de ce nom, nous sommes en présence d'un déni de démocratie et de pédagogie. Pour toutes ces raisons, je considère que ces programmes sont totalement illégitimes. C'est pourquoi en conscience, j'ai décidé de ne pas les appliquer et de continuer à travailler dans l'esprit des programmes de 2002.
2. Tout particulièrement, je refuse de m'inscrire dans la logique d'une « Instruction morale et civique » aux relents passéistes. C'est une insulte faite aux enseignants et aux élèves de penser que l'inscription d'une règle de morale au tableau, apprise par cœur par les élèves, fera changer un tant soit peu leur comportement ! Aujourd'hui, plus que jamais nous avons besoin de mettre en place dans nos classes des dispositifs qui offrent aux élèves la possibilité de se connaître, de se rencontrer, d'échanger, de se respecter. Nous avons besoin d'une éducation au vivre ensemble, car si nous ne le faisons pas, qui le fera ? L'éducation citoyenne est l'un des piliers de l'école pour construire une société ouverte, démocratique et libérée de l'emprise de la violence. La priorité aujourd'hui est d'apprendre aux élèves à se respecter, à réguler positivement les inévitables conflits du quotidien par la parole, la coopération, la médiation. Aujourd'hui, comme hier, en conscience, j'ai fait le choix d'une éducation citoyenne qui permette aux élèves de découvrir leur potentiel créatif et émotionnel au service du mieux vivre ensemble.
3. La réduction du volume horaire de la semaine scolaire de 26h à 24h apporte des bouleversements tels dans l'organisation des écoles, qu'il faut aujourd'hui parler de désorganisation structurelle. Le dispositif d'aide personnalisée pour « les élèves en difficulté » n'est qu'un prétexte démagogique pour supprimer les RASED. Ce dispositif porte un coup fatal à la crédibilité du métier d'enseignant. En effet, de nombreuses expériences pédagogiques d'hier et d'aujourd'hui ont montré et montrent que la difficulté scolaire se traite avec efficacité avec l'ensemble du groupe-classe, dans des dynamiques de coopération, de tutorat, de travail différencié, d'ateliers de besoin, etc. Le dispositif actuel considère que la difficulté doit être traitée de façon « médicale », avec un remède individuel, en dehors de toute motivation et de tout projet de classe. C'est une grave erreur. Ce dispositif est une faute contre l'esprit et la pédagogie. Dès la rentrée, en conscience, je n'appliquerai pas ce dispositif d'aide personnalisée tel qu'il est actuellement organisé. Ces deux heures seront mises à profit pour mener à bien un projet théâtre avec tous les élèves de la classe, répartis en demi-groupe, le mardi et le vendredi de 15h30 à 16h30, ceci avec l'accord des parents.
4. Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires à destination des élèves de CM1 et CM2 sont eux aussi des dispositifs scandaleux et démagogiques destinés à caresser l'opinion publique dans le sens du poil. Mis en place sous le motif populiste qu'il est anormal que seuls les riches peuvent se payer des heures de soutien scolaire (dixit notre ministre), ces stages dont certains ne seront pas animés par des enseignants, ne règleront en rien l'échec scolaire. Ils sont destinés à appâter les enseignants qui souhaitent effectuer des heures supplémentaires avec bonne conscience, alors que dans le même temps des milliers de postes sont supprimés, aggravant ainsi les conditions de travail dans les écoles. Parce que je respecte profondément les élèves qui ont des difficultés et leurs parents et que je suis persuadé que ce dispositif est néfaste, je continuerai à refuser de transmettre des listes d'élèves pour les stages de remise à niveau.
5. La loi sur le service minimum d'accueil dans les écoles les jours de grève n'est pas autre chose qu'une loi de remise en question des modalités d'application du droit de grève. Il est demandé aux enseignants de se déclarer gréviste 48h avant la grève afin que ce service minimum d'accueil puisse se mettre en place. Ce qui signifie clairement que les enseignants doivent collaborer à la remise en cause du droit de grève ! On ne saurait être plus cynique ! La commune de Colomiers ayant décidé de ne pas organiser ce service minimum d'accueil les jours de grève, il devient inutile de se déclarer 48h avant. En conscience, je ne me déclarerai pas gréviste à l'administration et j'informerai les parents trois jours avant de mon intention de faire grève.
Dans son dernier ouvrage, « Pédagogie : le devoir de résister », Philippe Meirieu écrit : « Nous avons le devoir de résister : résister, à notre échelle et partout où c'est possible, à tout ce qui humilie, assujettit et sépare. Pour transmettre ce qui grandit, libère et réunit. Notre liberté pédagogique, c'est celle de la pédagogie de la liberté. […] Nous n'avons rien à lâcher sur ces principes pédagogiques. Car ils ne relèvent pas de choix passagers de majorités politiques, mais bien de ce qui fonde, en deçà de toutes les circulaires et de toutes les réformes, le métier de professeur dans une société démocratique.
Et devant les errances de la modernité, le professeur n'a rien à rabattre de ses ambitions, bien au contraire… Face à la dictature de l'immédiateté, il doit travailler sur la temporalité. Quand, partout, on exalte la pulsion, il doit permettre l'émergence du désir. Contre les rapports de force institués, il doit promouvoir la recherche de la vérité et du bien commun. Pour contrecarrer la marchandisation de notre monde, il doit défendre le partage de la culture. Afin d'éviter la sélection par l'échec, il doit incarner l'exigence pour tous.
Personne ne prétend que la tâche est facile. Elle requiert détermination et inventivité. Echanges, solidarité et travail en équipe. Elle exige du courage. Et la force de nager à contre-courant. Il ne faut pas avoir peur de la marginalité. Car, plus que jamais et selon la belle formule de Jean-Luc Godard, « c'est la marge qui tient la page. » »
Si aujourd'hui je décide d'entrer en résistance et même en désobéissance, c'est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. C'est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d'enseigner et esprit de responsabilité qu'il est de mon devoir de refuser d'appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l'espérance que cette résistance portera ces fruits. J'espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. Cette action est une action constructive car dans le même temps il s'agit aussi de mettre en place des alternatives pédagogiques concrètes, raisonnables et efficaces.
Monsieur l'Inspecteur, vous l'avez compris, cette lettre n'est pas dirigée contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l'adresser et de la faire connaître. Le propre de l'esprit responsable est d'agir à visage découvert, sans faux-fuyant, en assumant les risques inhérents à cette action. C'est ce que je fais aujourd'hui.
Je vous prie de recevoir, Monsieur l'Inspecteur, l'assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.
A. R.
Professeur des écoles
Ecole Jules Ferry, Colomiers (31)
Lettre adressée à Mr l'Inspecteur de l'Education Nationale de la 17ème circonscription de la Haute-Garonne.
samedi 25 octobre 2008
Quel bonheur de jouer dans l'eau !
Merci aux dauphins de nous montrer un jeu aussi relaxant ; sur un plan physique, la création de ces anneaux de bulles d'air est assez surprenante non ?
mardi 14 octobre 2008
samedi 11 octobre 2008
Education en danger !

Bien que non militant jusqu'ici, il est temps de faire un peu de syndicalisme, la situation y est, hélas, propice.Voici un des nombreux articles écrits mais si peu relayés par les "grands" médias :
En décidant de ne pas renouveler un fonctionnaire sur deux, le gouvernement fait un choix concret : celui de réduire drastiquement dans notre pays le nombre d’infirmières, de gardiens de la paix, de juges, … et d’enseignants.
L’école est la première touchée : avec près de 100.000 enseignants en moins depuis 2002, 12.000 cette année et d’autres programmés d’ici 2012, le plan d’austérité éducative du ministre Darcos est un vrai danger public. Le PCF apporte tout son soutien aux enseignants, parents et aux élèves qui manifestent leur colère partout en France.
Le monde de demain a besoin de citoyens et de salariés plus instruits !
L’information, le savoir, la connaissance n’ont jamais joué un aussi grand rôle qu’ajourd’hui. Inventions et découvertes se multiplient. Pour les poursuivre, les maîtriser, pour que leurs applications profitent à tous, qu’elles permettent une nouvelle croissance respectueuse des hommes comme de l’environnement, nous n’avons donc jamais eu autant besoin d’hommes et de femmes accédant au plus au niveau de culture.
C’est aussi une question citoyenne et démocratique : un haut niveau de formation développe l’esprit critique, utile pour penser l’avenir, agir ensemble, apprendre des autres et au besoin se défendre face à toutes les dominations, à commencer par celle idéologique exercée par les médias dominants.
Ne pas accroître les inégalités, mais les combattre !
Chacun le sait, l’école est face à de réelles difficultés pour faire réussir tous les élèves. Mais alors qu’un effort sans précédent devrait être accompli dans ce domaine, le gouvernement multiplie les coups contre notre système éducatif.
Alors que la scolarisation précoce est un gage de réussite surtout quand les parents n’ont pas fait d’études longues et ne peuvent pas « préparer le terrain » pour le CP, des menaces pèsent sur l’avenir de l’école maternelle avec le risque de renvoyer vers des crèches, des gardes privées…
Alors que 15% d’élèves au niveau national sortent de l’école élémentaire avec un niveau très faible, le ministre Darcos supprime pour tous 2h d’enseignement par semaine pour les réserver aux 15% d’élèves les plus en difficulté quand chacun sait que dans les écoles « défavorisées », ce sont 80% des élèves qui auraient besoin de ces 2h contre 2% dans les quartiers privilégiés. Encore plus d’injustice !
Alors qu’il faudrait penser des programmes de notre temps, la réforme des programmes baisse l’objectif du « niveau minimum » : se contenter de « mémoriser » et d’être dociles pour les uns qui seraient condamnés à être des « exécutants » de l’économie capitaliste ; développer les capacités de réflexion pour les autres mais en les payant au rabais sans reconnaître leur qualification. Voila la « priorité » pour l’éducation du Président Sarkozy : priorité au service du profit des actionnaires, pas du développement de la société.
Alors que l’école a besoin d’enseignants parfaitement formés, tant dans leur discipline que sur la pédagogie, l’Etat liquide la formation d’enseignants au lieu de l’améliorer. Absurde : les profs sont poussés à enseigner des disciplines pour lesquels ils n’ont pas été formé. On les surcharge d’heures supplémentaires au détriment du travail pédagogique d’équipe au sein des établissements.
Alors que, naissances oblige, les effectifs grimpent en primaire et bientôt en secondaire, le gouvernement supprime les postes par milliers, créant des classes surchargées, réduisant les possibilités de choix de filières et poussant vers la sortie du système scolaire les redoublants qui ne trouveront plus place dans les établissements.
- la précarisation des contrats,
- la généralisation du rappel des enseignants à la retraite pour pallier aux absences
- la remise en cause de la scolarisation des moins de 3 ans
- un personnel non présent ou pas qualifié pour l'accueil des enfants handicapés (contrats non reconduits à la prochaine rentrée),
- etc
.Éducation en danger = société en danger.
LA pétition à signer avant de manifester dimanche : http://www.uneecole-votreavenir.org/#sp1
Cadrieu-Paris un dimanche, c'est pas vraiment une partie de plaisir mais si on ne réagit pas maintenant c'est que nous sommes déjà mort.
(>" Le silence n'équivaut pas toujours à un assentiment : en général, il révèle simplement l'incapacité des gens à réagir sur le coup.")
jeudi 25 septembre 2008
Pour se calmer les nerfs!!!
http://www.planetdan.net/pics/
Lorsqu'il est coincé, il faut le 'tirer' à l'aide de la souris ......
> Relâcher la souris pour qu'il continue à tomber.
> Vous pouvez le faire ... tourbillonner !!!
vendredi 1 août 2008
Comment cacher un éléphant ?
Pour répondre en beauté à la question existentielle : comment cacher un éléphant ? => Suivez ce lien
http://www.worth1000.com/cache/gallery/contestcache.asp?contest_id=17840&display=photoshop
Et si vous voulez devenir un expert de la question, c'est ici qu'il faut poursuivre : l'elephant ou l'art de la dissimulation.
samedi 19 avril 2008
Blog à l'abandon ?
Voila les dernières photos des miss (suivre le lien http://picasaweb.google.fr/loloemie/NosFilles).
dimanche 24 février 2008
A savoir avant d'avaler les couleuvres de Sarko & Co
Or, savez-vous que :
a.. Une partie des taxes sur le tabac, destinée à la Sécu n'est pas reversée...................................... 7.8 milliards
b.. Une partie des taxes sur l'alcool, destinée à la Sécu n'est pas reversée....................................... 3.5 milliards
c.. Une partie des primes d'assurances automobiles destinée à la Sécu n'est pas reversée................ 1.6 milliards
d.. La taxe sur les industries polluantes destinée à la Sécu n'est pas reversée................................... 1.2 milliards
e.. La part de TVA destinée à la Sécu n'est pas reversée............................................................... 2.0 milliards
f.. Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés................................................................. 2.1 milliards
g.. Retard de paiement par les entreprises............................................................... 1.9 milliards
En faisant une bête addition, on arrive au chiffre de 20 milliards d'euro. Conclusion, si les responsables de la Sécu et nos gouvernants avaient fait leur boulot efficacement et surtout honnêtement, les prétendus 11 milliards de trou seraient aujourd'hui 9 milliards d'excédent. Ces chiffres sont issus du rapport des comptes de la Sécu. Faites circuler ce message. A force de tourner, il arrivera peut-être un jour sur le bureau d'une tête pensante censée passer son temps à gérer l'argent des contribuables.
Actes et paroles
Courrier d'un principal de collège désabusé (et pas par les élèves!) qui montre encore une fois les différences entre les paroles et les actes de nos politiciens :
Bonsoir, Vous savez tous que j'occupe depuis cette rentrée la fonction de Principal d'un Collège dit "difficile", classé "Ambition Réussite".
82% >des élèves sont issus de catégories socio-professionnelles très défavorisées. Un Collège ghetto, avec ses problèmes quotidiens, et les problèmes de violence dans le quartier.
Je suis très fier d'avoir travaillé pendant plusieurs années à Meaux, puis dans la banlieue de Lyon pendant 4 ans, et aujourd'hui ailleurs dans le Rhône. Fier d'être fonctionnaire de la République, d'assumer cette mission de service public tant décriée.
Ce soir, ma fierté m'a abandonné. J'ai honte. J'ai surtout honte de >devoir affronter le regard des professeurs, des surveillants, des partenaires extérieurs, des parents d'élèves et des élèves.
Vous vous souvenez tous de la promesse de notre président de la >République pour ne pas laisser les "orphelins de 16 heures" à la rue ?
Vous vous souvenez des annonces de M. Darcos, Ministre de l'Education nationale, à propos de la mise en place de l'accompagnement éducatif, ce dispositif devant accueillir tous les collègiens de 16 heures à 18 heures ? La circulaire a paru au journal officiel le 13 juillet 2007. Je l'ai découverte en détails au moment même où je prenais mes fonctions au Collège X fin août, comme tous mes autres collègues Principaux de Collèges en Education prioritaire (près de 1500 Collèges dans toute la France).
Je me suis mis en quatre pour mettre en place ce dispositif, car je suis un fonctionnaire responsable. J'ai mis mes opinions de citoyen dans ma poche, et j'ai tout fait pour que ce dispositif soit un succès.
Je rappelle à tous que cet accompagnement éducatif devait concerner les élèves volontaires, encadrés par des enseignants volontaires. Sur 365 élèves, j'ai réussi à en convaincre 225: 61,5 % de l'effectif total. La moyenne dans le Rhône tourne autour de 28 %. Sur 47 enseignants, j'en ai convaincu 29.
Je suis allé solliciter la MJC du quartier pour mettre en place un atelier de danse urbaine.
J'ai sollicité le Centre social pour mettre conjointement en place l'aide aux devoirs, 3 fois par semaine. 100 % des élèves de 6ème étaient inscrits à cette dernière action.
J'ai sollicité une compagnie artistique pour mettre en place un atelier d'écriture.
Les professeurs ont ensuite proposé un atelier de sciences physiques, un club journal des collégiens, une activité escalade, trois groupes de soutien en mathématiques, deux groupes de soutien en français.
J'étais en pourparlers avec un club d'échecs et un autre de rugby pour enrichir l'offre.
J'ai même réussi à débaucher un danseur de la maison de la danse, qui vient de partir pour le cirque du soleil à Las Vegas....
Tout cela a bien sûr un coût. Vous vous en doutez.
L'Inspection académique et le Rectorat nous ont transmis courant octobre 2007 une enveloppe d'heures pour les professeurs et les intervenants extérieurs (pour ces derniers, ces heures devaient être transformées en vacations, payées 15 euros de l'heure). Je disposais de 1476 heures. C'est à partir de cette enveloppe que je n'avais pas demandée que j'ai construit mon offre. J'ai informé les parents d'élèves, et le 12 novembre, les actions se sont mises en place. L'aide aux devoirs avait commencé dès le 20 septembre. Les élèves étaient pour la plus part d'entre eux très heureux.
Début décembre, j'ai mis en paiement auprès du Rectorat les heures effectuées en septembre, octobre et novembre: 398 heures.
Cet après-midi, mardi 29 janvier 2008, réunion officielle à l'Inspection académique. L'inspecteur d'Académie préside la réunion, flanqué de ses deux adjoints et de deux chefs de service. Configuration inhabituelle. Curiosité puis inquiétude.
L'Inspecteur d'Académie ne le dit pas explicitement, car nous sommes >tous soumis au même devoir de réserve. "Le dispositif n'est pas >supprimé, mais on a réduit la voilure". On a seulement supprimé les >heures pour le faire fonctionner. Au lieu des 1476 heures, je n'en ai plus que 397 pour terminer l'année scolaire. Cela vient directement du Ministère.
C'est identique dans toutes les Académies, l'Inspecteur d'Académie nous l'a confirmé, comme s'il voulait nous consoler.
Tous mes collègues sont dans la même stupeur (40 Principaux de Collège abasourdis). J'ai dépensé 1 heure de plus que ce à quoi j'ai droit. Et les heures effectuées en décembre et en janvier ne sont pour l'instant pas honorées (j'ai compté 221 heures pour ces 2 mois). Je n'en ai plus les moyens.
C'est noble le bénévolat, mais, là, on atteint des limites...
Concrètement, dès lundi prochain, 4 février 2008, toutes les actions décrites ci-dessus s'arrêteront, faute de moyens. Je ne vous fais pas de dessin. Oui, j'ai honte ce soir. Honte pour les élèves. Honte pour les >parents d'élèves. Honte pour les profs. Honte pour les partenaires exterieurs. Je ne sais toujours pas comment je vais leur annoncer la chose.
Merci M. Sarkozy pour vos promesses péremptoires. Merci M. Darcos pour avoir démontré la crédibilité du système éducatif français. Bonsoir les amis, vive la République.
samedi 26 janvier 2008
Suite de mon petit délire sur les jeux de stratégie
M'étant levé ce matin samedi à 6h30 (merci Ilana), j'ai donc un peu de temps pour parler d'une de mes passions (mes filles et ma femme restant les principales bien évidemment, je prends mes précaution au cas où l'une d'elle lirait ceci).
*Niveau stratégique
Les unités sont typiquement de la taille d'une division, d'un corps ou d'une armée et sont basées sur leur force brute en effectifs et matériels. La production économique et la diplomatie entrent en jeu. Typiquement toutes les branches sont représentées (air, terre, mer) et parfois toutes les forces d'une nation. Elles couvrent des guerres complètes ou de longues campagnes.
L’aspect politique (dernier échelon de la stratégie) est donc pris en compte.
Intérêt et gestion supérieurs à la moyenne mais moins « fun » comme disent les plus jeunes que moi. L’action à l’écran est quasi inexistante. Les graphismes sont souvent de piètre qualité ce qui est un détail puisque ces jeux se composent principalement d’une carte géographique et de multiples tableaux de gestion. La star incontestée du genre est Civilization, un jeu joué par des millions de personnes à travers le monde (je connais même une personnage de roman qui y joue dans le célèbre "Fourmi" de Werber ) mais j’y reviendrai plus loin.
*Niveau opérationnel
Les unités sont d'une taille variant d'un bataillon à une brigade et les facteurs opérationnels sont pris en compte (résistance à l'usure, graduation des efforts, capacité de manœuvre, etc). La manœuvre d'ensemble (ou plan), la vision générale de la situation et l'usage des réserves sont les facteurs les plus importants. Ces simulations sont souvent basées sur une seule branche des forces armées, les autres étant représentées sous forme abstraite. Elles couvrent une seule campagne ou une seule bataille de dimensions stratégiques (ou « hors de la vue »). Les batailles sont effectuées de façon séquentielle sans réelle influence sur le déroulement global.
*Niveau tactique
Les unités vont d'un simple véhicule à une escouade (« squad » en anglais) ou une compagnie et sont basées sur le type et la portée de leurs armes. Pratiquement toujours basées sur une seule branche de l'armée (souvent de terre, l’aviation étant gérée de façon plus indirecte : reconnaissance ou bombardement sur zone) les autres étant totalement abstraites. Elles couvrent une seule bataille ou une partie d'une grande bataille.
*Niveau embuscade ou sub-tactique
Les unités représentent chacune un soldat. On prend en compte l'état de santé et les munitions de chaque unité. Elles couvrent de petites escarmouches.
Ce genre de jeu était fréquent il y a quelques années mais se fait rare.
C’était le principe de Age of Empires 1er du nom, la référence à cette échelle là, même si contrôler toutes les unités de façon individuelle s’est vite révéler plus pénible qu’amusant, la micro gestion prenant le pas
Sur les autres aspects du jeu ,ça ne m’a pas empêché de jouer de nombreuses heures avec sa suite dont la réalisation était exceptionnelle (ah, les premiers sièges de villes et les premiers trébuchets du jeu vidéo).
Ces différents niveaux n’étant pas toujours aussi cloisonnés et parfois difficile à délimiter, on a classé les jeux plutôt par rapport à leur interface d’action. Il existait auparavant deux grandes catégories de jeux de stratégie :
Les jeux de stratégie en temps réel (STR)
Ce sont les jeux les plus nombreux et les plus facile à jouer ; l’immersion est immédiate et l’action passe souvent au premier plan.
Le premier vrai jeu du genre fut « Guadalcanal » sur Amstrad CPC 6128 (snif, je verse une larme au souvenir de mon 1er PC dont certains éléments doivent occuper encore un peu de place à Lacapelle) ; il s'agissait d'une bataille aéronavale avec brouillard de guerre et temps pouvant être accéléré ou ralenti à volonté. Le second fut « l'art de la guerre » sur Atari, et Amiga tiré du livre de Sun Tzu (grand stratège Chinois dont les écrits ont inspiré de nombreux militaires).
Le genre évolua grandement avec Dune II, précurseur de tous les jeux de stratégie actuels et adapté du livre éponyme de Frank Herbert (livre qui mélange subtilement sciences-fiction et néo-philosophie, terme que j’invente mais qui me semble adapté à ce que j’ai lu dans l’œuvre complète de Herbert qui à accompagné mes années de fac). Puis, suivirent les classiques comme Command & Conquer, dérivé en de nombreuses suites, comme Tiberium Sun, Alerte Rouge, Alerte Rouge 2, Command and Conquer et Generals .
Dans le même style, et ayant fait évoluer le genre, les célèbres Warcraft I, II et III ainsi que StarCraft ont introduit le jeu de stratégie sur Internet. Un classique du nom de Total Annihilation fut le premier jeu exploitant les effets de 3D (du moins si l'on considère Castle Wolfenstein comme un jeu d'action et non de stratégie). Enfin sont apparus également des jeux plus orienté vers la gestion économique comme Age of Empires.
Lisez les noms en gras et vous connaitrez les responsables premiers de mon addiction première à ce genre de jeu. Malgré quelques périodes de sevrages, je finis toujours par rechuté (non, l’alcool, la cocaïne et le cannabis ne sont pas les seules drogues).
Emie, c’est pas ma faute, c’est à cause d’eux !
À partir de 2001, les jeux de stratégie s'orientent vers la 3D pure, permettant de gérer plus facilement les combats dans les reliefs, et permettant ainsi un peu plus de réalisme. On y inclut également parfois des séquences vidéo. Des fanatiques du genre peuvent leur préférer les homologues en 2D du style Starcraft (oh, oui, encore, encore)plus économe en ressources (et par là même plus rapide) que les jeux plus récents. En terme de rapidité de jeu, il existe maintenant Warhammer 40'000: Dawn of War, qui aura bien révolutionné le genre avec son gameplay unique, et la possibilité de sortir ses troupes extrêmement vite.
Le jeu qui transcende ces possibilités est maintenant Company of héroes que je conseille à tous.
Le seul défaut de ces jeux est que bien souvent l’IA est trop faible et seul des parties en niveau difficile permettent réellement de développer des tactiques dignes de ce nom. Au niveau normal, une bonne gestion et un peu de prudence suffisent à l’emporter ce qui à terme nuit à l’intérêt du jeu.
Les jeux de stratégie au tour par tour
Ces jeux diffèrent des traditionnels jeux vidéo de stratégie en temps réel car ils sont le plus souvent basés sur un système de tour par tour avec parfois une limite de temps pour garder un rythme.
Chaque tour est divisé en actions à réaliser dans un ordre précis, qui varient selon la règle choisie. Le hasard (des dés par exemple pour les jeux sur plateaux) est utilisé pour introduire le côté aléatoire du front. Si on sait par exemple qu'un engagement antichar sur douze conduit à la destruction du blindé, on lance une toupie ou un dé dodécaédrique (il m'en reste un de mes années fac) et on modifie l'état du plateau conformément au résultat.
De l'avis des états-majors qui les pratiquent dans les écoles, habitués à travailler sur des maquettes, des tableaux muraux ou des écrans lors des vraies guerres, la simulation est si réaliste qu'on peine à voir des différences avec une guerre réelle hormis deux éléments :
* la presse de votre pays ne vous embête pas quand vous envoyez par erreur vos troupes au massacre
* gagner de façon répétée au Kriegspiel ne rapporte pas de décorations.
Sur ordinateur, ce sont les jeux conçus par Sid Meier qui ont apporté au domaine une dimension didactique allant bien au-delà du simple Kriegspiel. En effet, l'objectif dans Civilization et de ses différentes suites est de bâtir un véritable empire, de l'âge de pierre jusqu'à nos jours, et par la diplomatie, la technologie ou la guerre (ou un mélange des trois), de devenir la civilisation majeure dans le futur ainsi que le pays ayant le plus grand rayonnement culturel de la planète par ses merveilles du monde. Un rappel que selon le mot de Clemenceau La guerre est une chose trop sérieuse pour être laissée à des militaires.
3 exemples de jeu au tour par tour mais à des échelles différentes (du niveau stratégique et opérationnel pour les 2 premiers à un niveau purement tactique pour le 3ème)
* Europa Universalis
* Birth of America (BoA) sur la Guerre de Sept Ans dans le nouveau monde et sur la Guerre d'indépendance américaine
* Steel Panthers (tactique, 2ème Guerre mondiale)
Mon avis sur tout ça :
Un débat sépare anciens et nouveaux joueurs sur micro (les anciens venant des wargames sur cartes ou en jeu de société). Les anciens aiment l'analyse et la profondeur de simulation offerts par l'informatique. Ils préfèreront donc des jeux au tour par tour. Les nouveaux recherchent dans les jeux vidéo la dynamique de jeu et les effets graphiques proposés. Les jeux en temps réel retiendront plus leur attention. Enfin ça, c’est théorique. Je m’explique ; personnellement j’ai principalement joué dans un premier temps à des STR pour le côté plus fun et plus immersif à première vue. Cependant, on ressent vite un manque au niveau de ce genre de simulation, l’envie de gérer plus d’éléments du jeu rend ce dernier parfois frustrant. C’était donc ça, je devais passer au niveau supérieur et revenir à des jeux comme le célèbre et grandiose Civilization. Oui mais les jeux au tour par tour m’ont toujours un peu trop rappelé les jeux de société classique (à toi de jouer, à moi, …). Et puis une carte statique et des tableaux, ça ne fait pas très ludique (du moins au premier abord).
Un dieu pour les joueurs existe peut-être, il a apporté la bonne parole jusqu’aux oreilles attentives d’un studio de programmation : Creative Assembly (travaillant pour Activision puis pour Sega).
La série la plus détestée des épouses délaissées (pardon à ma bien-aimée) était née : Total War.
Derrière le titre agressif se cache une merveille ludique qui transcende l’univers stratégique en alliant le meilleur du STR avec des campagnes au tour par tour (avec des phrases pareilles, je devrais contacter Sega pour voir s’ils ne voudraient pas me rétribuer pour la pub que je suis en train de leur faire).
Après avoir considéré pendant longtemps des grands classiques comme Civilization ou la série Age of Empires comme les maîtres du genre, je ne reconnais maintenant ce statut qu’à celui qui a su cumuler l’intérêt des deux genres : Rome Total War (Shogun le précédent était trop faible techniquement parlant, Médieval Total War 2 apporte lui principalement une qualité graphique et une ergonomie supérieure mais ne change guère le principe si ce n’est une meilleure prise en compte de la religion).
Je ne vais pas faire une analyse complète de ces jeux vous en trouverez plein sur le Net. Sachez seulement qu’ils fonctionnent selon ce principe :
-Une immense campagne sur carte stratégique =>gestion au tour par tour politique, urbaine, militaire, économique, religieuse … mais tout ça à un niveau d’accessibilité qui le destine à des non initiés)
-plus un changement d’échelle et un passage au STR à chaque confrontation armée =>rencontre de 2 armées, siège de ville, assaut de fort,…on gère alors chaque unité de combat (quelques milliers tout de même regroupées en une vingtaine de groupe).
Bref deux jeux en un, la profondeur de l’un, l’action et le rythme de l’autre. L’envie de connaître rapidement les conséquences stratégiques de ses actions tactiques (ou parfois le contraire). Seul un célibataire sans enfants peut en exploiter pleinement ces jeux dont les possibilités sont infinies d’autant plus que de nombreux passionnés ont conçus des programmes de modifications (MOD) pour rendre ces jeux plus proche historiquement de la vérité (meilleur rendu graphique, carte étendue historique, gestion amélioré, …). De nombreux forums sur le Net permettent de dégoter son bonheur même si la langue de Shakespeare est souvent nécessaire(hélas pour moi, je ne crois pas que demander à Emie de me traduire ce genre de truc soit une bonne idée).
Voici quelques (euphémisme) jeux plus ou moins stratégiques que j’ai terminé :
Act of war
Age of empire
Age of empire 2 : Age of King
Age of Mythology
Civilization
Command&Conquer
Command&conquer general
Compagny Of Heroes
Cossacks European wars
Dark Project
Dark Reign
Dark Reign 2
Empire Earth
Ground Control
Ground Control 2
Warcraft 3
Warcraft II
Warcraft3:FrozenThrone
Warlords Battle Cry
Warlords Battle Cry 2
Hidden&Dangerous
Homeworld
Homeworld 2
Homeworld Cataclysm
La bataille pour la terre du milieu
Lords of Everquest
Myth
Myth 3
Operation Flashpoint
Opposing Force
ORB
Rainbow 6 coverts ops
Rainbow6 Rogue Spear Black Thorn
Red Hammer (Op°Flashpoint)
Resistance (Op°Flashoint)
Starcraft
Warcraft
Medieval total war 2
Rome Total War
Alexander RTW
Plus quelques uns que je n’ai pas fini (on ne va pas se forcer non plus !)
Close Combat (tactique, IInde Guerre mondiale)
Battle Zone
Caesar
Caesar2
Close Combat 2&3
Earth 2150
Heroes ofM&M 4
ImpossibleCreatures
Settlers 4
Settlers IV
Seven Kingdom
Starmageddon
Sudden Strike
Total Anihilation
Prochaine étape dans mon voyage vidéo-ludique (mes prochaines cibles) :
Supreme commander
AOW High Treason
Codename panzer phase one+two
CommandConquer3
Compagny Of Heroes:Opposing front
Dark Crusade (warhammer 40k) si StAl
medieval total war kingdom
Bon je m’arrête là, je doute que nombreux soient ceux qui ont lu jusqu’au bout mais ce n’est pas grave, j’avais envie d’écrire sur ce sujet afin d’analyser moi-même mes habitudes de jeu (le résultat de cette analyse je le garde pour moi). Si quelqu’un veut échanger à ce sujet, qu’il n’hésite pas. Quant à Emie, si tu tombes sur ça, tu vois que je ne fais pas que jouer sur l’ordi, il m’arrive aussi de parler de jeux sur l’ordi !
(Bisous)
Au revoir à tous les joueurs.
Et bonnes continuations à tous ceux qui pensent comme moi qu’une vie sans jeu n’est pas complète (tout comme une vie sans amour, sans enfant, sans sport, …..mais c’est pas le sujet ici).
NON LE JEU N’EST PAS RÉSERVÉE A L’ENFANCE !
(le sujet, celui du jeu, est plus sérieux qu'il n'y paraît ; une réflexion presque philosophique est même souhaitable mais on en parlera une autre fois).
PS : Vous avez remarqué, j'adore les parenthèses (amis psy, signicatif ou non ?)
PPS : Désolé pour les fautes, c'est pas très professionnel de la part d'un enseignant mais j'ai horreur de relire sur un écran !
lundi 21 janvier 2008
La stratégie et les jeux vidéo vus par un joueur ayant suivi l'évolution
- le niveau stratégique, ou plus couramment aujourd'hui politico-militaire, au plus haut niveau de l'État, dans un dialogue itératif entre responsables politiques, diplomatiques et militaires ;
- le niveau opérationnel, entre le haut-commandement militaire et le commandant d'un théâtre d'opération
- le niveau tactique, qui est celui, local, du commandant d'unité engagé dans une action particulière.
2-Jeu de stratégie
-Il a vraiment rien à foutre pour écrire des trucs pareils. (Quels fainéants ces fonctionnaires !)
- Pourquoi il nous fait perdre notre temps à lire ces conneries alors que j'ai La Star Ac qui passe à la télé!
- Bon, c'est pas tout ça mais j'ai un article dans le Monde à lire !
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