vendredi 26 février 2010

mercredi 24 février 2010

Lecture du mois


Après une longue liste de polar, je suis passé à autre chose (merci Sam) :

- LE CYGNE NOIR : La puissance de l'imprévisible


Quel est le point commun entre l’invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ? Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle. Dans cet ouvrage éclairant, plein d’esprit et d’impertinence, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos des « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l’incertitude. A découvrir.

Libano-américain, Nassim Nicholas Taleb est écrivain et philosophe des sciences du hasard. Depuis 2007, il est l’essayiste le plus lu et le plus traduit dans le monde. Ancien trader des marchés, Taleb se consacre aujourd’hui à l’écriture et enseigne les rapports entre l’épistémologie et les sciences de l’incertitude à l’Institut polytechnique de la New York University où il a reçu le titre prestigieux de distinguished professor. Best-seller traduit en vingt-cinq langues, son premier ouvrage, Le Hasard sauvage a paru aux Belles Lettres en 2005.

« Taleb a changé notre façon de penser l’incertitude. » Daniel Kahneman, prix Nobel.

De lui, on dit qu’il est le « penseur de l’incertitude ». C’est son dernier livre, « The Black Swan », autrement dit « le cygne noir », qui peut servir de clé de lecture à certains des événements spectaculaires qu’a connus la planète au cours des dernières années. Qu’est-ce qu’un « cygne noir » ? C’est, affirme Taleb, « tout ce qui nous paraît impossible si nous en croyons notre expérience limitée ». L’expression a du sens. Dans l’hémisphère nord, tous les cygnes sont blancs. A force de les observer, on pourrait conclure qu’il n’en existe pas d’une autre couleur. Et puis, un jour, on prend l’avion pour l’Australie et on découvre, interloqué, que, là-bas, les cygnes sont tous noirs…

Pour mieux préciser les choses, Nassim Nicholas Taleb estime que le « black swan » est un événement qui possède trois caractéristiques. En premier lieu, il s’agit « d’une observation aberrante », car rien, dans le passé, n’a laissé prévoir de façon convaincante et étayé sa possibilité. Qu’un trader lambda puisse faire perdre 5 milliards de dollars à la Société Générale n’a ainsi jamais fait partie des hypothèses plausibles au sein de cette banque qui a longtemps été perçue comme efficace en matière de contrôles internes.

En second lieu, cet événement inattendu a des considérations considérables. « Considérez le grain de poivre et mesurez la force de l’éternuement », dit un proverbe persan. Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Jérôme Kerviel, par ses agissements supposés, a mis en branle une mécanique dont on ignore encore toutes les conséquences. Certes, la Société Générale semble décidée à se battre pour continuer à rester indépendante mais personne ne peut affirmer aujourd’hui qu’elle ne sera pas rachetée par l’une de ses concurrentes. Pire, qui peut exclure que d’autres fraudes ne seront pas découvertes dans les prochaines semaines et, de toutes les façons, qui peut affirmer à cent pour cent que la « Soc Gen » se relèvera de ce scandale ?

La troisième et dernière caractéristique est liée à la nature humaine et à notre besoin permanent de rationaliser et de donner de la cohérence au monde et aux événements qui nous entourent. Pour le philosophe, le « cygne noir » est aussi un événement vis-à-vis duquel nous « élaborons toujours après coup des explications qui le font paraître plus prévisible et moins aléatoire » qu’il n’était vraiment. En clair, c’est un événement dont nous cherchons coûte que coûte à gommer le caractère inattendu ou improbable.

Au lieu d’élaborer une pensée « probabiliste complexe », nous continuons à voir le monde à l’aune de la courbe de Gauss, c’est-à-dire, quelques rares extrêmes de part et d’autre et une cloche où se concentre la plus grosse moyenne. Or, justement, les « cygnes noirs » sont autant d’événements pour lesquels la courbe de Gauss n’est pas valable. L’occurrence de tremblements de terre, de tsunamis ou de crises financières ne peut se décrire qu’avec des modèles mathématiques plus compliqués que la courbe de Gauss.

En partant de ces constatations, Taleb propose un prolongement intéressant du concept de « cygne noir ». Pour lui, nous ignorons le monde tel qu’il est parce que nous pensons que, grosso modo, nous partageons tous le même quotidien. Or, la réalité, c’est que notre monde est de plus en plus régi par des éléments qui échappent à la courbe de Gauss et que le philosophe qualifie « d’Extremistan » ce qui, en employant une expression triviale, pourrait se résumer par « un monde de toujours plus et d’encore plus ».

La conclusion est plutôt positive : soyons ouverts au « différent » à l’improbable, à l’inconnu, à la surprise (donc au démenti et à la critique) et tirons profit des cygnes noirs. Cette conclusion optimiste me paraît typiquement américaine et illustre un des ressorts du dynamisme de ce pays ; la même expérience personnelle, professionnelle et de recherche en France aurait pu mener à un livre pessimiste et grinçant. D’ailleurs, Taleb aurait-il pu être universitaire chez nous et faire les recherches approfondies qui font la solidité de ce livre à la bibliographie impressionnante ?

(d’aprés les critiques de CLioweb et de http://www.bakchich.info/article2665.html)


- ALEXANDRE LE GRAND

Une des nombreuses biographie consacrées à ce personnage fascinant, facile à lire et intéressant bien que classique.

Présentation de l'éditeur
Quoique le concernant bien des mystères demeurent - son tombeau n'a jamais été retrouvé, ses écrits ont été perdus -, Alexandre III de Macédoine dit le Grand (356 - 323 av. J.-C.) reste un des plus fascinants héros de tous les temps. Roi de Macédoine à vingt ans, qui se lancera deux ans plus tard à la conquête d'un empire allant de la Grèce jusqu'à l'Inde, guerrier, certes, mais aussi administrateur et visionnaire, Alexandre le Grand était un homme au caractère contrasté qui, en élève du philosophe Aristote, pouvait se montrer d'une extrême clémence envers les vaincus, commue donner libre cours à sa colère et à sa cruauté. Rêvant d'une fusion entre l'Occident et l'Orient, d'un métissage entre les peuples, d'un brassage des cultures, des arts et des religions, on peut se demander quelle aurait été sa destinée s'il n'était mort. à trente-trois ans. à Babylone, vaincu par la malaria.
Biographie de l'auteur
Historien, romancier et critique littéraire, Joël Schmidt a publié une quarantaine d'ouvrages dont plusieurs consacrés au monde antique, entre autres : Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine (Larousse, dernière édition : 2005), Vie et mort des esclaves dans la Rome antique (Albin Michel, ouvrage couronné par l'Académie française, dernière édition : 2003), Lutèce, Paris des origines à Clovis (Perrin, prix Gazes-Brasserie Lipp, ouvrage couronné par l'Académie française, 1987), Spartacus et la révolte des gladiateurs (Mercure de France, 1988), Sainte Geneviève et la fin de la Gaule romaine (Perrin, 1989), Le Royaume wisigoth de Toulouse (Perrin, dernière édition, coll. Tempus, 2008), Les Gaulois contre les Romains, la guerre de 1000 ans (Perrin, 2004) et, dans la collection Folio Biographies, chez Gallimard, Jules César (2005), Cléopâtre (2008). Joël Schmidt est membre du comité de lecture d'une importante maison d'édition parisienne et d'une douzaine de jurys de prix littéraires. Il a reçu, en 2004, la médaille de vermeil de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.

dimanche 26 avril 2009

L'Andalousie

Soleil, taureaux, oliviers, cathédrales, mosquées et minaret, cités médiévales et antiques, nevada et processions religieuses ; tout y était !
Pour les photos, c'est par là : Olé !


Une grande cité romaine du monde antique************ Vue du sommet de la Giralda à Séville


Les fameuses processions de Pâques************* Un peu d'air dans la Sierra Nevada qui porte bien son nom

Article acide trouvé sur un site de jeu et qui me semble pourtant bien viser certaines réalités :

L'affaire du jour relève de la politique fiction et pourtant, c'est arrivé. Tandis que le projet de loi HADOPI venait d'être validé et durci par la commission mixte paritaire, on attendait un vote massif et définitif de l'assemblée nationale, qui se trouvait toute prête à avaliser ce texte, si cher à notre gouvernement.

Et voilà que l'impensable a eu lieu : le texte a été rejeté ! Par un vote de 21 voix socialistes contre 15 favorables de l'UMP. Même si l'on ne peut qu'approuver la défaite, temporaire, mais quand même, d'un texte aux multiples hérésies juridiques, on peut légitimement se poser la question de savoir comment on a pu en arriver là.

Aujourd'hui donc, sur le banc des accusés : Laëtita Casta. Ah non ! Pardon, c'est Marianne en fait. Elle est pas belle, la France ?


Lieu du crime: l'assemblée nationale

Date du crime: le 9 avril

Victime(s): 302 députés UMP disparus

Complice(s): 21 ninjas socialistes


Mesdames et Messieurs les soi-disant jurés

Chères canes, chers canards,

Chère Marianne, et je pèse mes impôts,


Vous êtes allée trop loin. Beaucoup trop loin. Pourtant, je fais tout pour vous aimer. J'apprécie vos prairies duveteuses et vos monts dont même les phoques sur leur banquise rêvent de titiller le sommet et je ferme les yeux sur votre caractère difficile qui vous pousse à grogner souvent, pour un oui ou pour un non. Mais là, c'est trop !

Je sais que les étangs sont difficiles, comme disent les requins de la finance, mais quand même, on ne peut pas tout tolérer. D'accord, rien ne vous a été épargné. L'entourage d'un criminel peut expliquer le passage à l'acte, et ces dernières années, nul ne peut nier que vous avez mal choisi vos relations. Après vous être laisser séduire par un bouquet de roses, vous avez craqué pour le premier venu qui vous offrait des pommes. Déjà, c'était pas reluisant. Mais aujourd'hui, c'est le pompon. Vous vous êtes laissés éblouir par cet amant indélicat, comme une midinette impressionnée par les rolex et les yachts, alors, faut pas se plaindre après de se réveiller un beau matin avec la cocarde au beurre noir. Il vous bouscule, ce malandrin, il vous fait mal, vous qui aviez une constitution si forte, la voilà abîmée.

Et pourtant, force est de constater que le mobile du crime est si bête ! Ce roturier bling bling a voulu changer toute la décoration de votre intérieur, voilà tout. Bon ! Pourquoi pas après tout ? Changer de style, ça peut être bien. Certains disaient même qu'il était temps, et sur le principe, vous n'y voyiez pas d'inconvénient. Il vous montrait ses projets d'impulsif notoire, et ma foi, si tout ne vous plaisait pas, l'important était que les gens s'y retrouvent. Mais voilà, ! Ce coquin ne s'est pas maîtrisé, et il a commencé à taper dans les fondations. Voir les bulldozers retourner vos articles de lois, certains séculaires, en tous sens, ça ne peut que pousser à la révolte, j'en conviens.

Alors, à l'annonce d'un de ses projets consistant à inviter, chez vous, en permanence, son pote HADOPI, ça vous a fait une double peine. Vous avez décidé de lutter, ce que personne ne peut vous reprocher. Mais quand même, de là à fomenter un coup pareil ! Mais revenons sur le crime en lui-même.

Le 9 avril, le projet de votre coco, pas muniste pour deux sous, paraissait acquis. Le texte, voté en commission mixte paritaire, n'avait plus besoin que de l'aval des parlementaires, ça ne pouvait poser aucun problème. Les députés UMP, persuadés de la chose, ne se sont guère mobilisés, il faut bien reconnaître qu'il faisait beau ce jour là et qu'il y avait des pâtes au pistou à la cantine. Mais vous, vous avez organisé un véritable coup d'éclat. Vous avez caché une vingtaine de députés socialistes derrière des rideaux ! Il est 13H00, une poignée de députés UMP arrive, ils voient qu'il n'y a presque aucun socialiste, l'affaire est réglée, pas besoin d'aller chercher les copains. Le texte est mis au vote quand surgit des couloirs la douzaine de députés socialistes ninjas qui arrivent pour voter. Les UMP paniquent ; mais il est trop tard pour rameuter d'autres députés UMP. Une fois la mécanique enclenchée, plus moyen d'interrompre la séance, les retardataires ne peuvent que rester dehors.

Voilà comment on peut obtenir un vote avec seulement 36 députés sur...577 ! Sachant que l'article 68 du règlement intérieur de l'Assemblée Nationale prévoit qu'une majorité simple suffit pour valider le vote, c'est à dire que le vote peut être valable, quel que soit le (faible) nombre de votants, c'est la victoire.

Bien sur, il y a des garde-fous contre ces manœuvres, mais vous aviez tout prévu, Marianne. Certaines personnalités (secrétaire d'état chargé des relations avec le Parlement et chefs des groupes parlementaires) peuvent demander de faire une pause ou de faire repousser le vote ou appeler au rassemblement mais ils n'étaient pas là, trop occupés à saucer le pistou.

Alors Marianne, je comprends l'utilité de votre stratégie, qui vous permet de tenir à l'écart le pote HADOPI. Mais d'une part c'est une victoire temporaire, vous savez que votre coco, pas lectif pour deux sous, n'acceptera pas d'en rester là. Et puis, quelle tristesse quand même. En êtes-vous vraiment réduit à ces extrémités ? Sommes-nous obligés de faire appel à de telles stratégies pour mettre à bas un texte honteux d'un point de vue juridique ? Les arguments solidement étayés, les discussions éclairées et les réflexions dépassionnées sont-elles des choses du passé ?

Laisse-moi vous dire, Marianne, que vous ne sortez pas grandie de cette affaire. Pardon ? ça vous arrange car il est petit et que vous ne voudriez pas lui faire de l'ombre ? Ah ! la la, vous êtes perdue Marianne, l'amour vous aveugle mais c'est sans doute tant mieux pour vous, car tout ceci n'est pas beau à voir.

J'ai longtemps cherché la peine la plus sévère à requérir à votre encontre, mais voilà, je n'en ai rien trouvé de pire que de vous laisser entre ses mains à gourmettes et bagouses en or massif. Mais bon, que je ne vous y reprenne plus.

lundi 22 décembre 2008

Evaluer les enseignants comme aux USA , témoignage d'une intéressée :

par Yutsenko, University Professor

Je suis professeur d'universite aux Etats-Unis ou nos carrières dépendent littéralement des évaluations des étudiants. Ce que je constate est que ce sytème d'évaluation n'a rien de rationnel ni de positif. En règle generale, la corrélation entre le pourcentage d'étudiants qui échouent et le pourcentage d'évaluations negatives est impossible à ignorer. Ce qui nous place dans une dynamique clientéliste fort éloignée de ce que devrait être l'enseignement.

Pour les jeunes professeurs, intimidés par ce système et menacés par la perspective de résultats négatifs, il est tentant de céder a la loi du plus fort : dans ce cas, la loi d'étudiants dont l'engagement académique est de plus en plus orienté vers l'obtention d'un bout de papier qui leur permettra de négocier des salaires de départ plus eleves que le Smic !

D'autre part, cette dynamique nous oblige aussi a réinventer sans cesse un curriculum (d'un semestre a l'autre puisque nous sommes tous soumis à ces obligations de résultats) qui attire de nombreux étudiants ($$$ oblige !) et, par cela, à ignorer le canon (trop demandant), ce qui en retour promeut la médiocrité. Le corps professoral a l'obligation de se réinventer au-delà de ses propres limites de compétence, dans des délais impossibles, et les intérêts des étudiants sont majoritairement centrés sur une culture populaire de plus en plus réductioniste. Ajoutez à cela les contraintes de temps auxquelles tout enseignant est confronté, et les devoirs administratifs de plus en plus lourds, et vous avez un corps professoral digne de l'empire romain, dans lequel les instructeurs étaient esclaves. L'idée d'une évaluation vient directement du monde des affaires et du systeme capitaliste dans lequel nous vivons : concepts de "return on investment", "benchmarks", "productivité", etc... Malheureusement, quand il s'agit d'êtres humains et de formation a la pensée, ces critères économiques n'ont aucune validité. Ils sont aussi extrêmement dangereux, parce qu'alors les êtres humains sont assimilés a des ressources de production, mais au service de quelle entreprise ?

Pour finir, je veux préciser ici que je suis Francaise, que j'ai fait toute ma scolarité en France jusqu'au DEUG et que si j'ai constaté des defaillances dans l'organisation, la direction de l'enseignement et les supports matériels et psychologiques offerts aux etudiants de première année universitaire, ces défaillances ne venaient pas des professeurs qui étaient tout autant victimes d'un systeme archaïque et obsolète que nous, étudiants.

On ne devient pas enseignant par souci de rentabilité mais par passion de l'étude, et les grands progrès de l'humanité n'ont pas ete amenés par des gens soucieux de résultats économiques mais par des "mentats" qui ont eu le courage de chercher, génération apres génération, la vérite et le progrès ! Quand aux instituteurs que ma génération a eu le privilège de connaître, je ne peux que leur exprimer ici ma plus profonde reconnaissance pour une qualité d'enseignement qui a fait de nous des êtres ouverts au monde et au désir de connaissance. Leur performance se situe au-dela de toute évaluation !

samedi 29 novembre 2008

jeudi 13 novembre 2008

Lettre d'un enseignant qui explique mieux que je ne le ferais nos préoccupations actuelles !


"Je refuse d'obéir !" (Lettre d'un instituteur à son inspecteur)

Colomiers, le 6 novembre 2008

Monsieur l'Inspecteur,

Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir.

Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un processus négatif de déconstruction de l'Education Nationale s'est engagé qui désespère de plus en plus d'enseignants. Dans la plus grande précipitation, sans aucune concertation digne de ce nom, au mépris de l'opinion des enseignants qui sont pourtant les « experts » du quotidien sur le terrain, les annonces médiatiques de « réformes » de l'école se succèdent, suscitant tantôt de l'inquiétude, tantôt de la colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de découragement. La méthode est détestable. Elle témoigne de beaucoup de mépris et d'arrogance vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La qualité d'une réforme se juge autant par son contenu que par la façon dont est elle est préparée, expliquée et mise en oeuvre. L'Education Nationale n'est pas l'armée ! Il n'y a pas d'un côté ceux qui décident et d'un autre côté ceux qui exécutent ! L'honneur de notre métier est aussi de faire œuvre de raison, de critique et de jugement.


Aujourd'hui, la coupe est pleine ! Le démantèlement pensé et organisé de l'Education Nationale n'est plus à démontrer tant les mesures décidées et imposées par ce gouvernement l'attestent au grand jour : des milliers de suppressions de postes qui aggravent une situation d'enseignement déjà difficile, la diminution du volume horaire hebdomadaire, la préférence accordée à la semaine de 4 jours, pourtant dénoncée par tous les chronobiologistes, l'alourdissement des programmes scolaires malgré une rhétorique qui prétend le contraire, la suppression des IUFM, la disparition annoncée des RASED alors qu'aucun bilan de leur action n'a été réalisé, la réaffectation dans les classes des enseignants travaillant pour les associations complémentaires de l'école, ce qui mettra à bas grand nombre de projets éducatifs dont l'utilité n'est plus à démontrer, la mise en place d'une agence chargée du remplacement avec l'utilisation de vacataires, la création des EPEP où les parents et les enseignants seront minoritaires dans le Conseil d'Administration, la dévalorisation du métier d'enseignant dans les écoles maternelles et les menaces qui pèsent sur celles-ci, la liste est longue des renoncements, des coupes franches et finalement des mauvais coups portés à notre système éducatif. Sans compter, ce qui m'est le plus insupportable, l'insistance à dénoncer le soit disant « pédagogisme », c'est-à-dire les mouvements pédagogiques qui, depuis des décennies, apportent des réponses innovantes, crédibles, raisonnables à l'échec scolaire.


Le démantèlement des fondements de l'Education Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir. L'objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement. En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou mon silence complice à la déconstruction d'un système, certes imparfait, mais qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre tout autant un « art de faire » qu'un « art de vivre », en donnant toutes ses chances à chaque élève, sans aucune distinction.

1. Les « nouveaux » programmes constituent une régression sans précédent. Ils tournent le dos à la pédagogie du projet qui permet aux élèves de s'impliquer dans les savoirs, de donner du sens à ce qu'ils font, de trouver des sources de motivation dans leur travail. Cette vision mécaniste et rétrograde des enseignements, qui privilégie l'apprentissage et la mémorisation, va certainement enfoncer les élèves en difficulté et accentuer l'échec scolaire. Ces programmes sont conçus pour pouvoir fournir des résultats « quantifiables, publiables et comparables » Or, « en éducation, tout n'est pas quantifiable, ni même évaluable en termes d'acquisitions immédiatement repérables ». (Philippe Meirieu). Nous sommes bien dans une logique d'entreprise et de libéralisation de l'école. Désormais, les enseignants seront évalués sur les progrès des acquis des élèves, c'est-à-dire sur la progression des résultats chiffrés. C'est notre liberté pédagogique qui est ainsi menacée. Dans la mesure où les programmes de 2002 n'ont fait l'objet d'aucune évaluation sérieuse et que d'autre part nous ne savons toujours pas qui a élaboré et rédigé les programmes 2008, d'ailleurs sans aucune concertation digne de ce nom, nous sommes en présence d'un déni de démocratie et de pédagogie. Pour toutes ces raisons, je considère que ces programmes sont totalement illégitimes. C'est pourquoi en conscience, j'ai décidé de ne pas les appliquer et de continuer à travailler dans l'esprit des programmes de 2002.

2. Tout particulièrement, je refuse de m'inscrire dans la logique d'une « Instruction morale et civique » aux relents passéistes. C'est une insulte faite aux enseignants et aux élèves de penser que l'inscription d'une règle de morale au tableau, apprise par cœur par les élèves, fera changer un tant soit peu leur comportement ! Aujourd'hui, plus que jamais nous avons besoin de mettre en place dans nos classes des dispositifs qui offrent aux élèves la possibilité de se connaître, de se rencontrer, d'échanger, de se respecter. Nous avons besoin d'une éducation au vivre ensemble, car si nous ne le faisons pas, qui le fera ? L'éducation citoyenne est l'un des piliers de l'école pour construire une société ouverte, démocratique et libérée de l'emprise de la violence. La priorité aujourd'hui est d'apprendre aux élèves à se respecter, à réguler positivement les inévitables conflits du quotidien par la parole, la coopération, la médiation. Aujourd'hui, comme hier, en conscience, j'ai fait le choix d'une éducation citoyenne qui permette aux élèves de découvrir leur potentiel créatif et émotionnel au service du mieux vivre ensemble.

3. La réduction du volume horaire de la semaine scolaire de 26h à 24h apporte des bouleversements tels dans l'organisation des écoles, qu'il faut aujourd'hui parler de désorganisation structurelle. Le dispositif d'aide personnalisée pour « les élèves en difficulté » n'est qu'un prétexte démagogique pour supprimer les RASED. Ce dispositif porte un coup fatal à la crédibilité du métier d'enseignant. En effet, de nombreuses expériences pédagogiques d'hier et d'aujourd'hui ont montré et montrent que la difficulté scolaire se traite avec efficacité avec l'ensemble du groupe-classe, dans des dynamiques de coopération, de tutorat, de travail différencié, d'ateliers de besoin, etc. Le dispositif actuel considère que la difficulté doit être traitée de façon « médicale », avec un remède individuel, en dehors de toute motivation et de tout projet de classe. C'est une grave erreur. Ce dispositif est une faute contre l'esprit et la pédagogie. Dès la rentrée, en conscience, je n'appliquerai pas ce dispositif d'aide personnalisée tel qu'il est actuellement organisé. Ces deux heures seront mises à profit pour mener à bien un projet théâtre avec tous les élèves de la classe, répartis en demi-groupe, le mardi et le vendredi de 15h30 à 16h30, ceci avec l'accord des parents.


4. Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires à destination des élèves de CM1 et CM2 sont eux aussi des dispositifs scandaleux et démagogiques destinés à caresser l'opinion publique dans le sens du poil. Mis en place sous le motif populiste qu'il est anormal que seuls les riches peuvent se payer des heures de soutien scolaire (dixit notre ministre), ces stages dont certains ne seront pas animés par des enseignants, ne règleront en rien l'échec scolaire. Ils sont destinés à appâter les enseignants qui souhaitent effectuer des heures supplémentaires avec bonne conscience, alors que dans le même temps des milliers de postes sont supprimés, aggravant ainsi les conditions de travail dans les écoles. Parce que je respecte profondément les élèves qui ont des difficultés et leurs parents et que je suis persuadé que ce dispositif est néfaste, je continuerai à refuser de transmettre des listes d'élèves pour les stages de remise à niveau.

5. La loi sur le service minimum d'accueil dans les écoles les jours de grève n'est pas autre chose qu'une loi de remise en question des modalités d'application du droit de grève. Il est demandé aux enseignants de se déclarer gréviste 48h avant la grève afin que ce service minimum d'accueil puisse se mettre en place. Ce qui signifie clairement que les enseignants doivent collaborer à la remise en cause du droit de grève ! On ne saurait être plus cynique ! La commune de Colomiers ayant décidé de ne pas organiser ce service minimum d'accueil les jours de grève, il devient inutile de se déclarer 48h avant. En conscience, je ne me déclarerai pas gréviste à l'administration et j'informerai les parents trois jours avant de mon intention de faire grève.

Dans son dernier ouvrage, « Pédagogie : le devoir de résister », Philippe Meirieu écrit : « Nous avons le devoir de résister : résister, à notre échelle et partout où c'est possible, à tout ce qui humilie, assujettit et sépare. Pour transmettre ce qui grandit, libère et réunit. Notre liberté pédagogique, c'est celle de la pédagogie de la liberté. […] Nous n'avons rien à lâcher sur ces principes pédagogiques. Car ils ne relèvent pas de choix passagers de majorités politiques, mais bien de ce qui fonde, en deçà de toutes les circulaires et de toutes les réformes, le métier de professeur dans une société démocratique.


Et devant les errances de la modernité, le professeur n'a rien à rabattre de ses ambitions, bien au contraire… Face à la dictature de l'immédiateté, il doit travailler sur la temporalité. Quand, partout, on exalte la pulsion, il doit permettre l'émergence du désir. Contre les rapports de force institués, il doit promouvoir la recherche de la vérité et du bien commun. Pour contrecarrer la marchandisation de notre monde, il doit défendre le partage de la culture. Afin d'éviter la sélection par l'échec, il doit incarner l'exigence pour tous.
Personne ne prétend que la tâche est facile. Elle requiert détermination et inventivité. Echanges, solidarité et travail en équipe. Elle exige du courage. Et la force de nager à contre-courant. Il ne faut pas avoir peur de la marginalité. Car, plus que jamais et selon la belle formule de Jean-Luc Godard, « c'est la marge qui tient la page. » »

Si aujourd'hui je décide d'entrer en résistance et même en désobéissance, c'est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. C'est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d'enseigner et esprit de responsabilité qu'il est de mon devoir de refuser d'appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l'espérance que cette résistance portera ces fruits. J'espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. Cette action est une action constructive car dans le même temps il s'agit aussi de mettre en place des alternatives pédagogiques concrètes, raisonnables et efficaces.


Monsieur l'Inspecteur, vous l'avez compris, cette lettre n'est pas dirigée contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l'adresser et de la faire connaître. Le propre de l'esprit responsable est d'agir à visage découvert, sans faux-fuyant, en assumant les risques inhérents à cette action. C'est ce que je fais aujourd'hui.

Je vous prie de recevoir, Monsieur l'Inspecteur, l'assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.

A. R.
Professeur des écoles
Ecole Jules Ferry, Colomiers (31)

Lettre adressée à Mr l'Inspecteur de l'Education Nationale de la 17ème circonscription de la Haute-Garonne.

samedi 25 octobre 2008

Quel bonheur de jouer dans l'eau !


Merci aux dauphins de nous montrer un jeu aussi relaxant ; sur un plan physique, la création de ces anneaux de bulles d'air est assez surprenante non ?

mardi 14 octobre 2008

Des marionnettes à l'Elysée !


On le savait déjà mais cette fois c'est officiel : c'est écrit sur les panneaux !

samedi 11 octobre 2008

Education en danger !








Bien que non militant jusqu'ici, il est temps de faire un peu de syndicalisme, la situation y est, hélas, propice.Voici un des nombreux articles écrits mais si peu relayés par les "grands" médias :

En décidant de ne pas renouveler un fonctionnaire sur deux, le gouvernement fait un choix concret : celui de réduire drastiquement dans notre pays le nombre d’infirmières, de gardiens de la paix, de juges, … et d’enseignants.

L’école est la première touchée : avec près de 100.000 enseignants en moins depuis 2002, 12.000 cette année et d’autres programmés d’ici 2012, le plan d’austérité éducative du ministre Darcos est un vrai danger public. Le PCF apporte tout son soutien aux enseignants, parents et aux élèves qui manifestent leur colère partout en France.

Le monde de demain a besoin de citoyens et de salariés plus instruits !

L’information, le savoir, la connaissance n’ont jamais joué un aussi grand rôle qu’ajourd’hui. Inventions et découvertes se multiplient. Pour les poursuivre, les maîtriser, pour que leurs applications profitent à tous, qu’elles permettent une nouvelle croissance respectueuse des hommes comme de l’environnement, nous n’avons donc jamais eu autant besoin d’hommes et de femmes accédant au plus au niveau de culture.

C’est aussi une question citoyenne et démocratique : un haut niveau de formation développe l’esprit critique, utile pour penser l’avenir, agir ensemble, apprendre des autres et au besoin se défendre face à toutes les dominations, à commencer par celle idéologique exercée par les médias dominants.

Ne pas accroître les inégalités, mais les combattre !

Chacun le sait, l’école est face à de réelles difficultés pour faire réussir tous les élèves. Mais alors qu’un effort sans précédent devrait être accompli dans ce domaine, le gouvernement multiplie les coups contre notre système éducatif.

- Alors que la scolarisation précoce est un gage de réussite surtout quand les parents n’ont pas fait d’études longues et ne peuvent pas « préparer le terrain » pour le CP, des menaces pèsent sur l’avenir de l’école maternelle avec le risque de renvoyer vers des crèches, des gardes privées…

- Alors que 15% d’élèves au niveau national sortent de l’école élémentaire avec un niveau très faible, le ministre Darcos supprime pour tous 2h d’enseignement par semaine pour les réserver aux 15% d’élèves les plus en difficulté quand chacun sait que dans les écoles « défavorisées », ce sont 80% des élèves qui auraient besoin de ces 2h contre 2% dans les quartiers privilégiés. Encore plus d’injustice !

- Alors qu’il faudrait penser des programmes de notre temps, la réforme des programmes baisse l’objectif du « niveau minimum » : se contenter de « mémoriser » et d’être dociles pour les uns qui seraient condamnés à être des « exécutants » de l’économie capitaliste ; développer les capacités de réflexion pour les autres mais en les payant au rabais sans reconnaître leur qualification. Voila la « priorité » pour l’éducation du Président Sarkozy : priorité au service du profit des actionnaires, pas du développement de la société.

- Alors que l’école a besoin d’enseignants parfaitement formés, tant dans leur discipline que sur la pédagogie, l’Etat liquide la formation d’enseignants au lieu de l’améliorer. Absurde : les profs sont poussés à enseigner des disciplines pour lesquels ils n’ont pas été formé. On les surcharge d’heures supplémentaires au détriment du travail pédagogique d’équipe au sein des établissements.

- Alors que, naissances oblige, les effectifs grimpent en primaire et bientôt en secondaire, le gouvernement supprime les postes par milliers, créant des classes surchargées, réduisant les possibilités de choix de filières et poussant vers la sortie du système scolaire les redoublants qui ne trouveront plus place dans les établissements.

- la suppression de 11200 postes à la prochaine rentrée à ajouter au 20000 postes supprimés depuis 2003 (sans compter les départs à la retraite non remplacés)
- la précarisation des contrats,
- la généralisation du rappel des enseignants à la retraite pour pallier aux absences
- la remise en cause de la scolarisation des moins de 3 ans
- un personnel non présent ou pas qualifié pour l'accueil des enfants handicapés (contrats non reconduits à la prochaine rentrée),
- etc

.
Éducation en danger = société en danger.
LA pétition à signer avant de manifester dimanche : http://www.uneecole-votreavenir.org/#sp1
Cadrieu-Paris un dimanche, c'est pas vraiment une partie de plaisir mais si on ne réagit pas maintenant c'est que nous sommes déjà mort.
(>" Le silence n'équivaut pas toujours à un assentiment : en général, il révèle simplement l'incapacité des gens à réagir sur le coup.")

jeudi 25 septembre 2008

A propos des Usa !

Quelques puzzles intéressants auxquels il manque une pièce :











Quant à chez nous :

Pour se calmer les nerfs!!!

Pour se calmer les nerfs, c'est nécessaire après un rentrée désastreuse (je n'ose même pas exposer mes griefs ici), voici de quoi se calmer (oui, je sais, c'est toujours plus facile de se venger sur ceux qui sont loin de nous) :

Le fond d'écran qui fait fureur aux USA :
http://www.planetdan.net/pics/misc/georgie.htm

Lorsqu'il est coincé, il faut le 'tirer' à l'aide de la souris ......
> Relâcher la souris pour qu'il continue à tomber.
> Vous pouvez le faire ... tourbillonner !!!

J'attends avec impatience le même pour notre président adoré, l'effet bénéfique de ce jeu inutile 'entrouverait nettement amplifié !

mercredi 13 août 2008

Un grand bol d'air !

Randonnées autour de Luchon et en Espagne avec et sans les filles.
C'est par là que ça se passe : **** Pyrénées 2008 les photos ***

Emie a encore du souffle : Et Ilana se plait en montagne !


Quant à moi, après la descente de montagne en VTT, je teste la nage en eau vive, très vive !

vendredi 1 août 2008

Comment cacher un éléphant ?


Pour répondre en beauté à la question existentielle : comment cacher un éléphant ? => Suivez ce lien
http://www.worth1000.com/cache/gallery/contestcache.asp?contest_id=17840&display=photoshop

Et si vous voulez devenir un expert de la question, c'est ici qu'il faut poursuivre : l'elephant ou l'art de la dissimulation.

Petit séjour à Paris !
Posted by Picasa

mercredi 14 mai 2008

Papi et Mamie à Cadrieu.
Le carrelage est arrivé ,il va falloir se remettre au boulot !

Libellés